APACHE défendra sa position officielle lors de la concertation publique.

La concertation publique organisée par le préfet de Région et la Maîtrise d’Ouvrage (DREAL) se déroulera du 02 juin au 12 juillet 2014 sous l’égide du garant de la CNDP, M. Gaillard. L’association APACHE participera activement à la table ronde de Gouy le 26/06/2014 à 19h30 sur les aspects humains et environnementaux du projet. C’est l’occasion pour tous les habitants de s’exprimer, donner leur avis et poser des questions.L’Association APACHE défendra sa position officielle :

NON au passage à ciel ouvert du barreau de raccordement au rond-point des Vaches (tracé PSO) coupant en deux la commune des Authieux-sur-le-Port-St-Ouen, dangereux pour la santé et la sécurité des habitants, destructeur de notre environnement naturel et foncier,
EXCEPTE par un tracé sous tunnel selon l’alternative de l’association APACHE « 1terminal ».

NON au passage d’une autoroute en lisière de forêt de Bord, destructrice du milieu naturel, sans pour autant désenclaver la Vallée de l’Andelle ni améliorer la sécurité de la sortie Criquebeuf / A13 (sortie 20),
OUI à la suppression du péage d’Incarville / A13 et au raccordement de l’existant par un pont au Manoir.

Un tracé court contre la variante « préfet-rentielle ».

Au cours de la réunion du COPIL (comité de pilotage) qui s’est tenue le 19 octobre dernier, le préfet, M. Bousquet, a exprimé sa préférence pour une variante du Contournement Est (liaison A28-A13 et barreau de raccordement au rond-point des Vaches). Sans surprise, le tracé initial passant par les Coteaux de Saint-Adrien a été abandonné en raison d’un contentieux possible avec les autorités de Bruxelles en matière d’environnement. Parmi l’ensemble des variantes étudiées par les services de l’Etat, celle préconisée par le préfet (PSO, Port Saint-Ouen) tangente la N15 sur Gouy entre Ymare et le village des Authieux-sur-le-Port-Saint-Ouen pour ensuite couper ce dernier en deux avant d’enjamber la Seine par à un grand viaduc à 2×2 voies au-dessus de Port Saint-Ouen. Comme on pouvait le craindre, cette proposition méprise les enjeux humains et ce, malgré les mises en garde répétées de l’Association APACHE (Association Préservons un Air de Campagne aux Authieux-sur-le-Port-Saint-Ouen et son Environnement) et des élus locaux. Si ce projet devait être imposé en l’état et sans concertation, ce serait au prix d’un gâchis humain et environnemental  insupportable : familles expropriées aux Authieux-sur-le-Port-Saint-Ouen, habitations surplombées par un viaduc à Port Saint-Ouen, nombreuses entreprises détruites à Oissel sans compter la stérilisation de terres à forte valeur agronomique et le lot inévitable de nuisances chimiques et sonores découlant d’une circulation intense. Cette tentative de passage en force est d’autant plus incompréhensible qu’elle va à l’encontre des propres paroles du préfet qui déclarait lors de sa conférence de presse du 24 septembre : « toute variante qui ne ferait pas consensus tombe automatiquement « .

Comment espérer un consensus lorsque l’on bafoue aussi manifestement l’avis des « petits élus » qui ont pris clairement position contre le tracé du Préfet ? A l’évidence, la doctrine suivie par la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) « Eviter, réduire, compenser » ne vaut que pour la préservation de la biodiversité. On peut dès lors sacrifier sans vergogne un ou plusieurs villages et ses habitants ainsi que dénaturer durablement environnement et cadre de vie. Consciente de cette menace potentielle mais soucieuse des impératifs de développement socio-économique, l’association APACHE s’est mobilisée dès 2006. Plutôt que de s’opposer systématiquement à toute forme de projet routier, l’association a opté pour une démarche proactive consistant à rechercher un consensus qui fait défaut depuis plus de trente ans et ceci au travers d’une large concertation avec les élus et décideurs régionaux de Seine-Maritime et de l’Eure. Un tracé alternatif a émergé et s’est affiné au fil des entretiens et contributions des différents interlocuteurs pour aboutir finalement à une solution consensuelle. Schéma du tracé alternatif proposé par APACHE « 2ter min ». Ce tracé court présente de nombreux avantages : il rempli la double fonction de relier l’A28 à l’A13 tout en permettant le contournement de Rouen par le sud. Il réduit significativement les impacts humains et environnementaux en utilisant des terrains préemptés depuis de nombreuses années. Il limite les coûts de réalisation grâce à la réduction du nombre de kilomètres à construire et d’ouvrages d’art dispendieux (gain net de 10 km par rapport à la variante « préfet-rentielle »). Le tracé s’affranchi en particulier du grand viaduc devant traverser la Seine avec une forte pente en virage ce qui représente un danger sérieux vis-à-vis des riverains du Port Saint-Ouen situés en contrebas. En effet, à la lumière de l’accident survenu le 29 octobre sur le pont Mathilde, il est impensable de vouloir dérouter le trafic poids-lourds pour faire passer les matières dangereuses dans une zone habitée avec les risques majeurs de propagation d’incendie que cela représenterait ! Finalement ce tracé porté par APACHE s’inscrit dans le contexte actuel (jumelage rail –route –fleuve en partie sud sur l’Axe Seine) tout en anticipant sur les projets de développement à long terme et les besoins exprimés par les maires des communes concernées. Toutefois, jamais la DREAL n’a semblé vouloir lancer les études nécessaires sur ce tracé alternatif pourtant porteur d’avenir pour notre territoire. Incapable de se remettre en cause et ayant déjà englouti près de 4 millions d’euros dans l’étude de 34 variantes, la DREAL s’est contentée de relayer le mot d’ordre du préfet consistant à faire en sorte « que le projet désormais avance  vite« . Il est grand temps qu’une concertation soit menée en toute transparence par les services de l’Etat via un nouveau débat public qui mettra en lumière l’ensemble des options possibles dont l’alternative proposée par l’association APACHE en liaison étroite avec les élus locaux. En effet, si les citoyens sont en droit d’attendre de leurs « grands élus » des solutions concrètes et réalistes à leurs problèmes de transport quotidiens, sans hypothéquer pour autant leur environnement et leur avenir, ils entendent aussi être consultés afin de ne pas être mis devant le fait accompli. L’association APACHE veillera à ce qu’un véritable débat puisse s’instaurer de manière constructive et défendra ses positions jusqu’au bout pour refuser « le fait du Prince » et faire émerger rapidement a contrario ce tracé court.

L’impact de la pollution sur les enfants enfin démontrée.

On pouvait le redouter mais on en n’avait pas la certitude «fondée sur les preuves». Tel n’est plus le cas. Il faut désormais compter avec la démonstration faite que les enfants en bas âge qui habitent à proximité de routes à fort trafic ont un risque accru de développer un asthme ou des infections de la sphère ORL ; démonstration faite, aussi, que ces enfants sont plus sensibles aux allergènes alimentaires. Telle est, schématiquement, la conclusion d’une vaste étude publiée dans le dernier numéro du Journal européen de pneumologie (ERJ).1 Ce travail original a été mené auprès de plus de 4000 petits Hollandais depuis leur naissance jusqu’à l’âge de quatre ans. Elle se fonde sur l’évaluation de leur niveau d’exposition aux polluants de l’air et ce en fonction de leur lieu d’habitation.
En forte augmentation dans tous les pays industrialisés ces trente dernières années, l’asthme est la maladie chronique la plus fréquente chez l’enfant, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Si les causes de cette épidémie ne sont pas encore parfaitement élucidées, divers facteurs liés à l’environnement sont de plus en plus pointés du doigt. Et notamment la pollution de l’air due au trafic routier, à laquelle a choisi de s’attacher l’équipe internationale qui publie ses conclusions dans le prochain numéro de l’ERJ.
«De nombreuses études ont certes démontré que les polluants de l’air pouvaient exacerber un asthme préexistant, mais il est moins évident que ces polluants puissent véritablement provoquer un asthme ou des maladies allergiques chez les jeunes enfants» observe le premier auteur de cette publication, Michael Brauer (Ecole d’hygiène environnementale et professionnelle ; Université de Colombie Britannique, Vancouver, Canada). Travaillant en collaboration avec ses collègues néerlandais des universités d’Utrecht, de Rotterdam et de Groningen, ainsi qu’avec ceux de l’Institut national de la santé publique et de l’environnement, M. Brauer a conduit ses travaux sur une importante cohorte prospective de jeunes enfants néerlandais et ce en utilisant en outre une méthodologie très originale.
Dénommée PIAMA (Prevention and incidence of asthma and mite allergy), cette cohorte prospective a inclus 4146 enfants recrutés dès avant leur naissance, au deuxième trimestre de la grossesse de leur mère, et habitant diverses communes des Pays-Bas. Outre les données classiques émanant soit des questionnaires de santé remplis par les parents, soit de prélèvements sanguins, les chercheurs ont évalué le niveau d’exposition aux polluants automobiles de chaque participant, en fonction de son lieu de résidence.
Les auteurs de ce travail ont procédé à des mesures de trois variables sur quarante sites : le dioxyde d’azote, les particules fines (PM 2,5) et les suies, témoins de la pollution diesel.
Puis, grâce à un modèle mathématique utilisant un système d’information géographique (SIG), l’équipe a pu estimer le niveau d’exposition aux polluants subi par chaque enfant à son domicile. En cas de déménagements, c’est l’adresse au moment de la naissance qui a été prise en compte, afin d’obtenir le niveau d’exposition du tout début de la vie.
Aujourd’hui, avec un recul de quatre ans, Michael Brauer constate une proportion accrue d’asthme, de sifflements bronchiques (wheeze), d’infections ORL, de rhumes et de grippes chez les enfants vivant à proximité de routes à fort trafic. Le risque relatif de ces manifestations pathologiques est multiplié par 1,2 à 1,3 ; ces résultats confirment ceux obtenus par la même équipe alors que ces enfants n’étaient âgés que de deux ans. Il apparaît d’autre part, chez les enfants les plus exposés à cette pollution et pour lesquels ont pu être effectués des dosages sanguins d’IgE, une hypersensibilité à des allergènes alimentaires. «Les conséquences de cette hypersensibilité (qui, à cet âge, n’est pas forcément synonyme d’allergie) nécessitent toutefois d’autres investigations, concède Brauer» souligne-t-on auprès de l’ERJ. Une nouvelle analyse de cette cohorte est d’ores et déjà en cours, avec cette fois huit ans de recul comme objectif.
«Cette étude met bien en évidence les effets à long terme de la pollution sur les jeunes enfants, et montre l’importance d’une réduction du niveau d’exposition au tout début de la vie et même pendant la grossesse. Elle montre aussi l’urgente nécessité, par-delà la régulation des émissions au niveau des pots d’échappement, de séparer les grands axes des lieux d’habitation et de travail» souligne Michael Brauer.
Cette étude va faire date, estime Michael Jerrett, professeur associé de santé publique à Berkeley (Université de Californie) qui signe un éditorial dans le même numéro de l’ERJ. «Ces résultats augmentent notre certitude que la pollution de l’air contribue au développement de maladies respiratoires chez l’enfant» estime-t-il. Ce spécialiste américain souligne la puissance de ce travail, et salue sa méthodologie originale, à savoir le suivi longitudinal d’une cohorte et une modélisation étendue de ses expositions aux polluants. En relevant l’un des principaux enseignements du travail de Brauer et de ses collègues (le fait que la pollution est délétère dès la vie intra-utérine), il rappelle que ses effets continuent après la petite enfance, et qu’elle affecte le développement des poumons jusqu’à l’adolescence. «Cette étude comble un certain nombre de faiblesses de la littérature scientifique disponible aujourd’hui sur ce sujet» conclut-il.
Ainsi donc voilà, tout simplement expliqué, en quoi certaines des avancées thérapeutiques collectives qui restent à faire sont bien au-delà de la seule compétence du corps médical ; en quoi aussi elles sont d’essence éminemment politique.

Bibliographie 1 Brauer M, Hoek G, Smit HA, et al. Air pollution and development of asthma, allergy and infections in a birth cohort. Eur Respir J 2007;9. 02.05.2007 3109